Comme à tous les soirs, alors que je fais ma vaisselle et que la porte de mon appartement donnant sur le balcon est ouverte, je l’aperçois. Et je le remarque. Sa porte est aussi grande ouverte. Son appartement donne face au mien, ou presque, juste un peu de biais, c’est tout comme. Je vois son profil qui me perturbe toujours un peu, parce qu’il porte les cheveux longs, comme tu les portais toi aussi, avant. Une chevelure noire, épaisse, ondulée, qu’il attache derrière sa nuque en basse queue de cheval. Mais il ne m’aperçoit pas, du moins je le pense, trop occupé qu’il est à faire lui aussi sa vaisselle et à répondre aux demandes de sa fillette qui le presse de mille questions. Mon cœur est fébrile, bien malgré lui, et mon œil tangue, en valse-hésitation entre la mousse qui envahit l’évier et la vue du balcon, hésitant à s’attarder à sa silhouette, parce que je redoute de croiser son regard. Car alors, lorsqu’il se retournera, je verrai bien que ce n’est pas toi.
Pourquoi j’écris
On me demande parfois comment j’ai commencé à écrire. À cela je réponds: de la même manière que j’ai commencé à respirer; parce que cela allait de soi, et que c’était vital.
L’obsession d’écrire
Le manuscrit a ceci de commun avec un amant qu’il commence par vous sourire pour rapidement vous occuper l’esprit, envahir vos jours et hanter vos nuits. Il devient obsession, et vous n’avez de cesse de songer à lui, maudire tout ce qui vous en éloigne, et vous languir de le retrouver pour ne faire qu’un avec lui.