Réflexion, Projets en cours

Le temps qu’il faut

Aussi curieux que ça puisse paraître, je n’ai jamais eu autant de difficulté à écrire que depuis que je suis devenue conseillère littéraire. D’ailleurs ma dernière publication remonte à l’année de création de mon entreprise.

Toutefois les choses changent, et c’est pour le mieux. Le succès du Pigeon décoiffé est tel qu’il me permet aujourd’hui d’engager des pigistes professionnels, afin de répondre aux besoins de ma clientèle, et de prendre moi-même de la distance par rapport à l’évaluation de manuscrits. Je me consacre désormais presqu’entièrement à la gestion de l’entreprise.

Tranquillement, je sens que j’arrive à délaisser le mode analytique pour retrouver le mode créatif. J’arrive peu à peu à me réapproprier mes mots, ma voix, mon propre univers, que semble-t-il j’avais perdus. Le sevrage n’est pas facile, mais je sens que le processus est en marche.

Le nouveau manuscrit sur lequel je planche me pose un important défi, mais je chemine au travers celui-ci. Il n’est pas encore à mon goût. C’est une histoire en crescendo, et je sais que le plus difficile reste à écrire. J’ai encore beaucoup de travail à faire, mais je persévère.

Pour le moment, je ne songe même pas à la publication. Je n’ai d’ailleurs aucune idée à qui le soumettre. Et c’est tant pis. Je traverserai le pont une fois à la rivière, comme on dit! Je me concentre sur l’atteinte de ma propre satisfaction.

Qu’importe, au fond, que 10 années séparent un roman de l’autre? J’ai décidé de ne plus me soumettre aux impératifs de marketing éditorial qui privilégient les publications fréquentes. Cette pression ne m’est pas favorable. Pour écrire, j’ai besoin de calme et d’oisiveté. Le prochain roman sera prêt quand il sera prêt. Et l’édition ne compte plus pour moi comme étant le sceau de la réussite.

 

Par défaut
Réflexion

Le temps qui file

Je suis obsédée par le temps.

Celui qui dévale à toute vitesse sur les pentes de l’existence, que je n’arrive pas à freiner dans sa course folle, qu’il m’est impossible de saisir au passage afin de l’étreindre.

J’écris pour essayer de le fixer.

Et c’est ainsi qu’afin d’écrire je le suspends pendant des heures, des jours, des mois et des années, pour me rendre compte au final que tout ce temps que j’ai consacré à l’écriture, dans l’espoir de le cerner, ne l’a pas empêché de me filer entre les doigts.

Par défaut